Comment limiter un enfant de 0 à 3 ans?

Comment limiter un enfant de 0 à 3 ans?

DEMANDER DES LIMITES, C'EST QUOI?

  • Fixer des limites à un enfant est:

– Une autorité exercée dans l'intérêt de l'enfant
– Un acte éducatif, apprendre quelque chose à l'enfant
– Répondre aux besoins de l'enfant et lui permettre de se définir des limites
– Participer à son bon développement psychique et finalement à son autonomie

  • Fixer des limites n'est pas:

– Une autorité exercée au profit de l'adulte
– Un rapport de force, une question de soumission

Il n'y a pas de recettes miracles, il n'y a que les enfants qui réagissent différemment selon leur personnalité et leur niveau de développement.

LIMITES POUR QUI?

Souvent, nous fixons des limites aux enfants en fonction de leurs propres limites de tolérance (en ce qui concerne le bruit, le refus de finir leur assiette, le refus de s’endormir, etc.), et non en fonction des intérêts. de leur développement. Quelques conseils :

  • Posez-vous les bonnes questions

Il n’ya pas de réponse toute faite: il s’agit de s’adapter à chaque situation, en fonction du niveau de développement et de la personnalité de l’enfant, en posant les bonnes questions:
– Pourquoi est-ce que je fixe des limites?
Suis-je capable d'expliquer à l'enfant de lui apprendre quelque chose? Est-ce un intérêt pour le développement de l'enfant?
– Comment puis-je définir des limites?

  • Réfléchir sur sa relation personnelle avec les frontières

Outre les différences culturelles, chacun a un lien personnel avec les frontières, chacun ayant une éducation spéciale. Le fait d’imposer des limites à un enfant nous renvoie à ceux que nous avons reçus nous-mêmes. Certains répètent le mode éducatif de leurs parents, d'autres peuvent adopter une attitude complètement opposée.

Il semble donc important de savoir comment on a expérimenté l'autorité dans son enfance. Ce serait une question de ce qui est reproduit, de ce qui ne l'est pas et pourquoi.

Ai-je reçu une éducation stricte et laxiste? Comment ai-je vécu les limites imposées par mes parents dans mon enfance? Comment cela affecte-t-il ma manière de fixer des limites aux enfants? Est-ce que je reproduis certains de mes parents? comportements? Est-ce que je veux vraiment reproduire ces comportements ou est-ce que je sens que c'est hors de mon contrôle?

Autant de questions à vous poser pour vous "libérer" de l'influence de votre propre enfance sur votre comportement actuel envers vos enfants.

DEMANDEZ LES LIMITES, POURQUOI?

Fixer des limites, pour …

En recherchant des limites à l'extérieur, l'enfant témoigne de son
désir d'apprendre à se contrôler, à intégrer des limites à
lui-même. Il sollicite l'intervention de l'adulte pour lui donner des limites
extérieur, qu’il intériorisera progressivement. En imposant des limites à un enfant, l'adulte favorise son autonomie.
L'enfant
répétera le comportement jusqu'à ce qu'il ait intégré les limites.
Cela prend du temps et demande de la patience à l'adulte pour
répétez les explications.

  • Contribuer à la sécurité psychique

Les jeunes enfants doivent trouver des limites à l’extérieur, surtout quand ils ne se sentent pas en sécurité.
Ils doivent s'assurer de la force des adultes, tester leurs limites. En cherchant à aller au-delà des limites, l'enfant vous demande: "Es-tu assez fort, assez fort pour que je puisse compter sur toi?"
Si les adultes réagissent sereinement en fixant des limites dans l’intérêt de l’enfant, en expliquant pourquoi, les enfants se sentiront rassurés, confiants.

Certains enfants particulièrement anxieux (insécurité) peuvent répéter ces comportements pendant longtemps, ce qui démontre un besoin de réconfort constant.
Si l'adulte perd le contrôle de lui-même (cris, violence physique), il apparaît alors moins solide à l'enfant. Ce dernier risquerait alors de renforcer son comportement, son sentiment d'insécurité persisterait.

L'enfant doit apprendre ce qui est permis et ce qui ne l'est pas, cela lui donne des repères pour construire et apprendre à vivre avec les autres.

  • Apprendre à tolérer la frustration

Il est essentiel de limiter les désirs des enfants les plus puissants. Vous devez leur apprendre à tolérer la frustration.
Si nous disons «oui» à tout, nous risquons de faire des «enfants-rois» qui ne connaîtront alors plus aucune limite à leurs désirs et ne toléreront aucune frustration. Cela peut avoir de graves conséquences pour leur bien-être psychique ainsi que pour leurs relations sociales futures.

  • Apprendre à vivre en société

L'enfant doit intégrer les limites pour intégrer les règles de la vie sociale et pour pouvoir vivre en société. Donner des limites à un enfant, c'est aussi lui apprendre à socialiser et à vivre avec les autres.

LIMITES DE COUCHES FONDÉES SUR L'ÂGE DE L'ENFANT

L'enfant doit passer par 3 étapes, avec l'aide de l'adulte, pour atteindre les limites

  • Expérimentation de limites par exploration (première année)

L'enfant explore le monde qui l'entoure et affronte les limites de l'adulte. Il est très important de laisser les enfants explorer leur environnement afin qu'ils puissent se développer.

Initialement, l’enfant ne comprend pas les limites, n’en a pas conscience. Il répète le comportement "interdit" de l'adulte jusqu'à ce qu'il comprenne et intègre les frontières en lui. Il sera ensuite nécessaire d'expliquer chaque fois à l'enfant pourquoi nous fixons des limites.

De plus, l'enfant a un certain pouvoir sur l'adulte: le faire réagir. Il peut ensuite répéter son comportement pour attirer l'attention de l'adulte sur lui.

On constate souvent que l'enfant regarde l'adulte avant de traverser un tabou: il témoigne qu'il est conscient de l'interdit mais surtout qu'il a besoin de limites. Il faut comprendre que l'enfant ne sait pas se limiter, il ne contrôle pas ses pulsions: il a besoin de l'adulte qui le fixe pour apprendre progressivement à se limiter.

Quelques conseils :
– Enlevez ce qui est dangereux de son environnement, ne donnez pas à l'enfant la possibilité de faire face à un interdit s'il peut être évité. Avant tout, il doit pouvoir explorer le monde et tirer parti de son expérience.
– Fixez des limites pour les choses importantes, afin qu'elles aient du poids. Si nous fixons des limites à tout, les limites perdent leur sens pour l'enfant.
– Convenir des "choses importantes" en équipe.

  • Recherche active de limites pour comprendre ce qui est permis et ce qui ne l'est pas (à partir de la 2e année)

Fixer des limites devient très important en 2e année. L'enfant cherche à explorer ce qui est permis et ce qui ne l'est pas. C'est une étape nécessaire, une phase d'apprentissage.
Le fait qu'un enfant devienne un volontaire et un adversaire fait partie du développement normal. C’est une étape fondamentale pour son autonomie psychique, il apprend à s’opposer à l’adulte et aux autres, à dire «non»: il revendique son autonomie.
Cette phase est déjà assez difficile pour les adultes qui s’occupent de l’enfant, mais elle est indispensable à son bon développement. Un enfant qui ne s'oppose jamais entre 2 et 3 ans doit, au contraire, poser une question.

  • Intégration des limites: c'est l'objectif final!

COMMENT ÉTABLIR DES LIMITES?

Comment fixer des limites tout en permettant à l'enfant de s'exprimer, d'explorer son environnement, de se développer?

L'enfant doit explorer les limites et la tolérance avec les différents adultes qui l'entourent. Il se comporte différemment avec chaque adulte.

– S'adapter au niveau de développement de l'enfant (cf partie précédente)

– S'adapter aux personnalités et aux sensibilités individuelles de chaque enfant.
Les enfants se distinguent entre autres par leur "degré d'agressivité". L'agression, à comprendre dans le sens d '"activité", est essentielle dans la vie. Cela permet à l'enfant de dire non, de s'affirmer, de se séparer, de devenir autonome …
Il peut être souhaitable de soutenir parfois "l'agression" (dans les jeux par exemple, mais pas envers les autres!), Lorsque l'enfant semble démuni (trop passif, trop sage, triste …).
Tenir l'autorité fermement devant un enfant qui traverse constamment les interdits est important, à partir du moment où il en est conscient (à partir de la 2e année)! L'enfant nous montre qu'il a besoin de limites, de tester la force des adultes pour savoir s'il peut leur faire confiance.

– Sachez pourquoi nous disons «non» à un enfant, pour définir des limites cohérentes et pouvoir lui expliquer un langage approprié.

  • Conseils sur l'attitude à prendre

– Attitude calme mais ferme, à déterminer (donc convaincue de l’utilité de fixer des limites).

– Intervenir immédiatement après le comportement, approcher l'enfant, se mettre à sa hauteur et expliquer pourquoi on ne peut pas le faire.

– témoigner de son affection quand tout est fini, signifier
l'enfant que la fixation de limites pour lui n'est pas une preuve de désenchantement pour
le respect.

– Réserve l'autorité pour les choses importantes. Quand on dit trop souvent "non", et parfois sans vraiment savoir pourquoi, les règles deviennent inefficaces.

– Adopter des règles communes et partagées par les parents ou les adultes en charge de l'enfant. L'enfant doit pouvoir recevoir un message clair et cohérent de la part des différents adultes qui l'éduquent, trouver des repères stables et se définir des limites claires.

RISQUES ET RISQUES

• Perdre son sang-froid (violence verbale, physique)

Il est difficile de fixer des limites, surtout lorsqu'il s'agit de répéter d'innombrables fois la même chose à un enfant afin qu'il puisse les intégrer lui-même.
Il peut arriver que tu perds ton calme parce que tu es fatigué, parce que tu te sens impuissant, parce que tu es humain.

Lorsque vous perdez votre sang-froid, vous dépassez vos propres limites: vous ne pouvez plus fixer des limites de manière constructive pour le bon développement de l'enfant.

– Le fait de crier fort (différent de lever le ton avec fermeté) est un signe que nos limites sont dépassées: l'enfant comprend alors que l'adulte a perdu son sang-froid, il comprend que l'adulte croit en "l'agression" pour résoudre le conflit , il comprend qu’il a réussi à atteindre l’adulte qui n’est pas aussi solide que cela.
L'enfant ne comprendra pas les explications si elles sont criées ou accompagnées de gestes violents. Au mieux, il arrêtera de peur. Et il ne recommencera pas par peur.

– Dites "vous êtes méchant". Non, un enfant n'est pas méchant. Par contre, il avait un "mauvais comportement". C'est l'acte qui est répréhensible, pas l'individu qui le commet.
Un enfant qui entend dire qu'il est mauvais est susceptible de le devenir et de rester dans cette phase d'opposition. Un jeune enfant est construit, entre autres choses, à travers les yeux que l'adulte lui apporte.

– Tirer violemment un enfant par le bras … etc.
Le châtiment corporel signifie pour l’enfant que nous perdons notre sang froid et que nous croyons au pouvoir de l’agression physique pour résoudre les conflits. Si ces gestes violents sont répétés, l'enfant peut répéter ces comportements dans des situations de conflit avec d'autres: il répète l'agression sur les autres pour gagner du pouvoir.

• N'osez pas, soyez hésitant

L'enfant va répéter son comportement si l'adulte est hésitant, il aura même tendance à l'intensifier pour réagir à l'adulte, lui témoignant ainsi de son besoin de limites.
Il est important de se demander pourquoi on hésite à fixer des limites: peut-être n'y a-t-il pas de bonnes raisons pour les fixer, peut-être que l'on se sent "mauvais" ou "mauvais" coupable ".
Dans ce dernier cas, il convient de rappeler que fixer des limites est un acte de bienveillance dans l'intérêt de l'enfant. Inversement, ne pas fixer de limites au développement d'un enfant dans le besoin peut être considéré comme un acte de négligence.

• Abaissement des bras devant un enfant qui s’oppose

Cette attitude se produit souvent lorsque vous êtes fatigué de répéter toujours la même chose, avec l'impression que l'enfant n'entend rien. Certains enfants ont si peu de sécurité intérieure qu'ils sont constamment à la recherche de frontières. Les limites rassurent l'enfant.

Si vous vous sentez trop fatigué et qu'un adulte vous accompagne dans l'éducation de votre enfant, parlez-en avec lui et demandez-lui de prendre le relais un peu plus souvent et de soutenir votre parole avec l'enfant. Si l'enfant reste très opposé, si vous vous sentez dépassé par la situation, n'hésitez pas à consulter un spécialiste (psychologue, pédopsychiatre) pour vous accompagner en cette période difficile et tenter de comprendre ce qui se passe dans la relation avec votre enfant.